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ProB: Paris Basketball, les premiers pas modestes d'un petit nouveau ambitieux

ProB: Paris Basketball, les premiers pas modestes d'un petit nouveau ambitieux
Victor Samnick (g), alors sous le maillot de Nancy, lors d'un match d'Euroligue face à l'Olympiakos Le Pirée, le 22 décembre 2011JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Le Paris Basketball, le tout nouveau club de la capitale lancé cet été avec l'ambition de régner à terme sur la France et sur l'Europe, s'attelle à partir de vendredi à un premier objectif plus modeste, le maintien en ProB.

L’Élite, l'Euroligue, la salle de 8000 places, le "beau et immense projet" annoncé au début de l'été par son président, l'Américain David Kahn, un ancien dirigeant des Minnesota Timberwolves en NBA, ce sera pour plus tard.

"Je dirai de manière humble et honnête que le seul objectif de la saison est de se maintenir. Nous avons lancé le club mi-juillet à une époque où les autres ont déjà construit leur effectif, renouvelé leur partenariat et lancé leur campagne d'abonnements. On ne peut pas créer un club aussi vite et aspirer à jouer tout de suite un rôle intéressant", souligne Romuald Coustre, le directeur général recruté par David Kahn.

Le plan initial, lorsque l'Américain a repris le Paris Basket Avenir, un club de division inférieure, était de gravir les échelons un à un, sportivement. Mais il a reçu un coup d'accélérateur lorsque Hyères-Toulon, relégué de la nouvelle Jeep Élite, s'est retrouvé en faillite. L'occasion pour Paris de passer directement en ProB en reprenant la structure (et la dette) du HTV, une opération qui a fait grincer quelques dents.

- Dans la peau de Hyères-Toulon -

"Juridiquement, on est le Hyères-Toulon-Var Basket. Si le HTV n'avait pas été relégué sportivement en ProB, on évoluerait aujourd'hui dans l’Élite. Et si David Kahn avait eu la même démarche pour délocaliser le HTV à Marseille, personne n'aurait rien trouvé à redire", assure Coustre.

Le nouveau club a monté un budget de 2,6 M EUR, dans la moyenne haute de sa division, grâce à un assemblage classique de partenariat privé et d'aide publique, dans une proportion non révélée, et grâce à l'apport du groupe d'investisseurs américains conduit par David Kahn.

Pris par le temps, le Paris Basketball a bâti un effectif où l'on note deux noms connus: Victor Samnick, un ex-taulier de la ProA, champion de France avec Nancy et qui finissait sa carrière en N2 à Paris à près de 40 ans, et Théo Bouteille, un espoir de 19 ans, frère de l'international de Limoges Axel Bouteille.

L'équipe, qui se prépare dans un centre d'entraînement privé à Noisy-le-Grand, a commencé par deux victoires en quatre matchs en Leaders Cup ProB, une compétition de pré-saison. Elle commencera la vraie campagne vendredi à Nantes. La première rencontre à domicile est prévue le 4 novembre à la Halle Carpentier, un équipement du XIIIe arrondissement qui ressemble plus à un hangar aménagé qu'à un palais des sports, mais qui fera l'affaire en attendant la construction de la nouvelle Arena de la Porte de la Chapelle.

- L'Arena de la Porte de la Chapelle -

C'est cette salle de 8000 à 9000 places, décidée dans le cadre de Paris-2024, qui est le cœur du projet Paris Basketball. "Les investisseurs américains sont là parce qu'il y a cette future salle. C'est ce qui différencie ce projet de tous ceux qui ont émergé à Paris ces dernières années. Cela nous permettra d'adopter une politique très différente en matière d'entertainment et de billetterie", explique Romuald Coustre.

Le dirigeant, un ancien de Gravelines, compte créer une ambiance à l'américaine pour attirer du public dès cette année à Carpentier. Le potentiel existe selon lui, même si la région parisienne compte déjà deux clubs dans l’Élite, Nanterre et Levallois.

"On considère qu'il y a de la place pour plusieurs clubs dans une des plus grandes capitales mondiales. C'est le cas à Madrid, c'est le cas à Athènes, c'est le cas à Moscou, c'est le cas dans toutes les grandes capitales. Chacun peut exister et avoir sa propre identité", assure-t-il.

L'installation dans le nord de Paris est espérée pour 2022 ou 2023. "L'idéal serait d'accéder à l’Élite un an avant. Ca nous donne deux ou trois ans. David Kahn est très pragmatique et patient. Le projet passe par la construction de fondations solides. Elles ne s'improvisent pas", souligne le dirigeant.

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